‎Sanctionné par les USA : Kabila vante son bilan à la tête de la RDC

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Kinshasa, 30 avril 2026 Cerné par les sanctions américaines et les accusations de soutien au M23/AFC, Joseph Kabila sort la carte du bilan. Dans un communiqué publié jeudi par son cabinet et consulté par Minga Média, le Président de la République honoraire de la RDC renvoie Washington et Kinshasa à ses 18 ans au pouvoir, entre 2001 et 2019.‎‎

« Depuis 2001, année de son accession au pouvoir, jusqu’en 2019, Joseph Kabila a consacré son action à la réunification du territoire national, à la pacification progressive du pays, à la réconciliation des Congolais, à la reconstruction de l’État et à la stabilisation de la région des Grands Lacs. C’est sous sa présidence que la RDC est sortie d’une guerre régionale dévastatrice, a retrouvé son unité institutionnelle et a connu, pour la première fois de son histoire, une passation pacifique et civilisée du pouvoir au sommet de l’État. » indique le communiqué de son cabinet.‎‎

Pour ses partisans, l’homme qui a repris un pays morcelé en 2001 et organisé l’alternance de 2019 ne peut pas être réduit à un « parrain de rébellion ».

Ils citent la Constitution de 2006, les élections de 2006 et 2011, et le départ volontaire du pouvoir comme preuves de son attachement à la stabilité.‎‎

Les zones d’ombre pointées par ses détracteurs

‎Mais ce bilan est loin de faire l’unanimité. ONG, opposants de l’époque de son règne et chancelleries occidentales rappellent une série de dossiers noirs qui ont marqué les  mandats de Kabila à la tête du pays.

‎‎Les organisations de défense des droits humains citent notamment l’assassinat de Floribert Chebeya en juin 2010. Ce militant, patron de l’ONG La Voix des Sans Voix, avait été retrouvé mort dans sa voiture, les mains liées, au lendemain d’un rendez-vous à l’Inspection générale de la Police.

L’affaire, jamais totalement élucidée, reste un symbole de la répression sous Kabila.‎‎La mort de Rossy Mukendi en février 2018 avait choqué.

Cet activiste pro-démocratie était tombé sous les balles de la police lors d’une marche des laïcs catholiques réclamant le départ de Kabila, qui refusait alors d’organiser les élections.

Pour l’opposition de l’époque, ces morts illustraient la « dérive autoritaire » de la fin de règne.‎‎

Ses détracteurs évoquent aussi : les massacres au Kasaï en 2016-2017, la répression des manifestations anti-troisième mandat, les coupures d’internet, et la corruption endémique dénoncée par le Groupe d’études sur le Congo.‎‎

Un bilan sous le feu des sanctions

‎Aujourd’hui, c’est sur le terrain sécuritaire que Kabila est critiqué. L’OFAC le sanctionne pour « soutien financier à l’AFC » et pour avoir « vécu sous protection du M23 » à Goma.

Le communiqué de son cabinet rejette ces accusations, les jugeant « profondément injustifiées, politiquement motivées et fondées sur des accusations non étayées de preuves irréfutables ».‎‎

Entre un bilan revendiqué de « père de la réunification » et les critiques sur les droits humains, Joseph Kabila joue sa légitimité historique au moment où les États-Unis le poussent vers l’isolement. ‎‎

La bataille des récits ne fait que commencer. Kabila a-t-il une chance d’avoir le dessus sur les USA ? ‎Peu d’analystes sont de cet avis.‎

✍️MINGAMEDIA.NET



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