RDC : Comprendre la passion de Joseph Kabila pour le dollar américain (Analyse-Minga Média)
Kinshasa, 4 mai 2026 Selon les informations que détient la rédaction de Minga Média, l’ancien président de la République démocratique du Congo Joseph Kabila compte instruire ses avocats d’activer les voies légales appropriées aux États-Unis pour contester les sanctions de l’OFAC dont il est frappé depuis le jeudi 30 Avril.
Cette décision du président national du PPRD soulève plusieurs questionnements, comparativement à son attitude face à la justice de son propre pays qui l’a condamné à mort par contumace en septembre 2025.
Pourquoi avoir ignoré les magistrats militaires de son propre pays, refusant même de dépêcher des avocats mais initier une telle démarche auprès d’une justice étrangère ? s’interroge-t-on.

Deux justices, deux attitudes
Rappelons les faits : Depuis 2024, Kinshasa accuse l’ancien président de « trahison » et de collusion avec le M23/AFC. La Haute Cour militaire le convoque. Il ne se présente pas. Il n’envoie pas d’avocats. Procès par contumace, s’en suivra sa condamnation à mort.
Le 30 avril 2026, l’OFAC le sanctionne.
Réaction immédiate : Kabila annonce mobiliser ses avocats à Washington pour « exiger les éléments vérifiables » et « défendre son honneur ».
D’un côté, une inaction judiciaire totale face aux juges de son pays. De l’autre, une mobilisation express devant l’administration américaine qu’il accuse pourtant d’agir sur fond des motivations politiques en complicité avec Kinshasa.
Le contraste saute aux yeux !
Nationaliste ou capitaliste ?
La question qui dérange !
Ses partisans le décrivent comme un « patriote », un « nationaliste » qui a « réunifié le Congo ». Lui-même répète souvent : « comprenez ma passion pour le Congo ».
Mais les faits récents posent une question brutale : défend-il le Congo ou ses intérêts ?
Oui, on peut comprendre qu’un ex-président se méfie d’un procès à Kinshasa sous le régime de son successeur avec qui, il n’est pas en bon terme depuis la rupture de la coalition FCC-CACH.
Mais à Minga Média d’interroger : Pourquoi ne pas avoir au moins mandaté ses avocats ?
Même absent, il aurait pu mandater une défense à Kinshasa. Laisser le champ libre à une condamnation à mort par contumace, puis courir aux USA dès que ses comptes en dollars sont menacés, donne l’image d’une hiérarchie des priorités.
Car les sanctions OFAC, c’est quoi concrètement ? Gels d’avoirs, blocage du système bancaire en dollars, impossibilité de faire du business international. Bref : c’est avant tout une affaire de portefeuille.
La condamnation de Kinshasa par contumace n’a pas inclu la saisine de ses biens immobiliers. La preuve : l’emblématique parc de la Nsele, communément appelée Kingakati fonctionne sans tracas.
Les actions parlent bien mieux que des mots.
A la lumière de ces observations, l’attitude de monsieur Kabila illustre sa passion pour le Congo ou plutôt sa passion pour les billets verts ?
Quand on ignore la justice de son pays qu’on qualifie de »politisée » mais qu’on court vers celle des étrangers dès que l’argent est en jeu, alors qu’en même temps on lui impute des soupçons politiques, le message devient illisible.
Peut-on parler de « mépris » pour la justice congolaise ? Le mot est fort.
Disons qu’il y a une défiance évidente.
Le problème, c’est que le Président Kabila a dirigé cette justice pendant 18 ans en qualité de magistrat suprême. Il a nommé les magistrats, réformé l’appareil judiciaire, vanté « l’État de droit » sous son mandat. La rejeter aujourd’hui, sans même tenter de s’y défendre par avocats, c’est renier une partie de son propre héritage.
Prioriser Washington parce que les intérêts financiers sont touchés donne du grain à moudre à ses détracteurs : « Il se bat pour ses finances, pas pour le Congo ».
La vraie question : où est l’intérêt national ?
D’aucun estime qu’un nationaliste se défend d’abord devant son peuple, dans les institutions de son pays, même imparfaites. Surtout quand on a été garant de ces institutions. Un capitaliste défend d’abord ses actifs, là où ils sont menacés. En envoyant ses avocats aux USA et pas à Kinshasa, Kabila choisit. Ce choix est légal. Il est peut-être stratégique. Mais il rend sa phrase « comprenez ma passion pour le Congo » difficile à comprendre pour beaucoup de Congolais.
La passion pour le Congo c’est le respect de ses institutions ou la protection de ses comptes bancaires ?
À chacun de juger.
✍️MINGAMEDIA.NET

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